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Une éducation publique quelque peu malmenée...

jeudi 7 mai 2009, par Anaïs Manein

Alors que la campagne « Pas d’école, pas d’avenir ! » se déroule dans les Écoles Publiques de France, il nous parait important de rappeler que l’éducation pour tous n’est toujours pas un droit assuré en 2009. De nombreux enfants dans le monde n’ont pas accès à l’instruction aujourd’hui. Cette campagne de solidarité internationale reste donc fondamentalement importante afin de permettre à ce droit de s’exercer. Pour autant, il n’est pas inutile de s’intéresser aussi au sort de l’Éducation Publique dans notre pays, car si cela pourrait paraître aujourd’hui ana- chronique, voire déplacé... c’est tout le contraire.
 Pour preuve cet accord sur "la reconnaissance des grades et diplômes dans l’en- seignement supérieur" signé entre l’État et le Vatican fin 2008, dont le Décret d’application vient de paraître au journal officiel le 16 avril 2009. Depuis 130 ans la délivrance des diplômes de l’enseignement supérieur est réservée aux établis- sements publics. Ce monopole risque de prendre fin avec cet accord. Cet accord, qui contrevient manifestement à plusieurs dispositions du droit français, suscite une levée de bouclier des organisations laïques, qui ont émis de nombreuses pro- testations.
 Autre information également, sur le financement de « stages de rattrapage », pour les élèves en difficulté des écoles privées, qui vont ainsi bénéficier d’une « manne » de trois millions d’euros octroyés par le gouvernement à cette fin. Le CNAL* a à ce titre exprimé au nom des mouvements laïques son indignation face à une telle mesure qui confirme l’avalanche de privilèges accordés par le gouver- nement aux établissements privés, à l’heure où les suppressions de postes frap- pent durement le service public.
 Plus localement à Agen nous assistons à une grande opération de refonte de l’im- plantation des écoles Publiques, au travers de la mise en place d’un schéma di- recteur qui prévoit la fermeture de nombreuses écoles maternelles. Ceci alors même que fin 2008 le conseil municipal a voté un subventionnement des écoles privées intégrant un rattrapage de subventions qui n’auraient pas été attribuées par la précédente majorité municipale durant toute sa mandature !
 Le dualisme scolaire financé par des fonds publics entraîne un gaspillage et s’a- vère inefficace pour lutter contre l’échec scolaire. Notre mouvement s’est engagé depuis sa naissance pour une École de la République, gratuite et ouverte à tous. Les deniers publics doivent lui être entièrement consacrés, les établissements à caractère privé devant assurer leurs propres financements.
 Nous réaffirmons avec force que la laïcité, libre de toute pression politique ou économique, est garante de la liberté de tous au delà des différences. Elle ras- semble et intègre. Elle s’oppose aux dérives du communautarisme que peuvent engendrer les écoles privées, confessionnelles ou ethniques.

Bruno TARREAU, Délégué Général