Le sport peut il tenir ses promesses sociales ?
mercredi 18 août 2010, par Bruno Tarreau
Les lumières de la coupe du monde de football se sont éteintes depuis moins d’un mois, et chacun a oublié bien vite cet épisode. Ces épisodes devait je plutôt dire ! Loin de nous la volonté de revenir longuement sur les dérives scandaleuses qui se sont faites jour au sein de notre équipe nationale. Restent les questions de fond, que sans doute de nouveaux résultats dès la fin de l’été, peut être glorieux, mettront sous éteignoir. Notre mouvement depuis toujours essaie, notamment au travers de ses deux secteurs sportifs que sont l’UFOLEP et l’USEP, de développer un autre idée du sport, des valeurs, le mot pour galvauder n’en prend pas moins par les temps actuels une certaine dimension.
Dans un prise de position fort pertinente le Président de l’USEP, Jean-Michel Sautreau, rappelait récemment : « ... on peut lire dans un des journaux du dimanche une chose des plus surprenantes pour ce peuple dont nous sommes et à qui on ne cesse par tous les moyens d’expliquer que, s’il est une nécessité, c’est de se serrer la ceinture.
Qu’on en juge : « Mettre en place une action formatrice dans les clubs pour que les joueurs soient préparés à gagner des sommes considérables sans perdre la tête. »
Voilà une proposition qui a le mérite d’être claire … mais stupéfiante. Je croyais bêtement, naïvement, que le problème était dans ces sommes « considérables » … mais je n’avais rien compris : ce ne sont pas les sommes qui posent problème, c’est la non préparation à la réception de ces sommes. De toute évidence, il y a donc DES sports, bien éloignés les uns des autres. »
Face à cette situation la Ligue de l’enseignement fait de la question du sport l’une de ses priorités de l’été. Le site ww.laligue.org, propose d’ouvrir le débat « Le sport peut-il tenir ses promesses sociales ? ». Le sport-spectacle et ses dérives écornent l’image d’un sport inconditionnellement vertueux. Il est vrai que la pratique sportive n’est pas exempte de lacunes, d’excès et d’injustices. Alors dans quelle mesure le sport peut-il répondre aux missions éducatives, intégratrices, citoyennes et même humanistes qu’on lui attache ?
De nombreuses vidéos plantant le décor, de nombreux éclairages sont présents sur le site. Nous y trouverons ainsi un propos de la philosophe Isabelle Queval qui explique que le sport contemporain s’inscrit dans un modèle de civilisation qui imprègne l’ensemble des pratiques sociales, telle la nécessité de réussir. Alain Ehrenberg, sociologue, montre que le modèle de la performance sportive fragilise les personnes, tendues entre conquête et souffrance, et toujours menacées de ne pas faire assez. Bien d’autres éclairages sont présents dont celui de Jean-Louis Gouju, observateur des métiers du sport et de l’animation, pour lequel le sport est objet de tensions entre professionnalisation et dimension militante.
Nous vous invitons compléter la lecture de ce texte en consultant le site, en participant au quiz et en postant vos commentaires. La place et le rôle du sport nous concernent, ne restons pas passifs.
Le Délégué général, Bruno TARREAU