Jeunesse : tout reste à faire...
mercredi 4 mars 2009, par Bruno Tarreau
Martin Hirsch vient d’être récemment nommé « Haut Commissaire » à la jeunesse.
Il aura pour mission de mettre en oeuvre la politique du Gouvernement en matière
de jeunesse... et de vie associative, qui semblait au passage avoir été oubliée
dans un premier temps.
Ce nouveau portefeuille laisse espérer un retour sur la
scène publique de débats plus construits sur les enjeux des nouvelles générations,
que la caricature qui met en scène de jeunes « racailles » dont on redoute
la prochaine poussée de fièvre.
L’autorité transversale qu’il est censé avoir sur les directions des ministères des
affaires sociales et de l’enseignement supérieur dessine un caractère interministériel
déterminant pour répondre aux besoins des jeunes. Reste à espérer qu’il
pourra effectivement en disposer et que ce Haut commissariat ne se limitera pas
à un (quasi ?) ministère de la parole.
Mais l’Etat, seul, peut il répondre aux aspirations de la jeunesse et aux questions
intergénérationnelles posées ? L’implication conjointe des collectivités territoriales
et des associations, dans un climat de confiance, pour que les jeunes (et leurs
familles) constatent qu’une place leur est faite dans le débat sur leur propre avenir,
reste une condition « sine qua non ». Car les enjeux sont de taille ; la massification
du secondaire puis de l’enseignement supérieur n’a pas tenu toutes ses
promesses ; les inégalités dans l’insertion professionnelle persistent ; la jeunesse
est inquiète de la précarisation de l’emploi...
Les effets de redistribution recherchés par une importante palette d’aides sociales
aux familles et aux jeunes eux-mêmes sont limités. Les enquêtes montrent
que c’est à 65 ans que les Français sont les plus heureux, et le taux de suicide
des jeunes français ne cesse de croître.. Sans parler de la faible présence des
jeunes générations dans les lieux de pouvoirs et en particulier parmi la représentation
politique.
Martin Hirsch, dans ses premières prises de parole, a parlé d’une politique qui
allierait travail, formation, allocation, accompagnement, et viserait à l’autonomie
des jeunes. On ne peut que partager cet objectif.
Le plus paradoxal, c’est que les
jeunes n’ont jamais été autonomes si tôt que dans ces temps où ils gagnent leur
indépendance si tard ! Au point que les « frontières » de la jeunesse sont questionnées
; les plus englobantes des politiques publiques veulent s’adresser aux
12/30 ans ! Nous mettons quiconque au défit de trouver le moindre point commun
entre ces extrêmes, et bien entendu de dégager des mesures communes !
L’accès à l’autonomie recherché ne peut se faire qu’avec une politique éducative
qui combat les inégalités et une politique fiscale et sociale égalitariste. Il ne faudrait
pas à terme (court ?) que « l’appel à l’autonomie » signifie en fait que les jeunes
n’ont que ce qu’ils méritent...
Le Délégué Général,
Bruno TARREAU